L’Être en Perpétuel Devenir, Partie 2 : Qu’Est-ce Qui m’Empêche d’Avancer ?

L’amour, la perte et l’anatomie du traumatisme

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De retour d’une retraite où le corps, l’esprit et les émotions se sont entremêlés dans des processus thérapeutiques profonds, je reviens imprégnée de la richesse de ce qui s’y est vécu. J’ai eu le privilège d’être témoin d’un groupe d’êtres courageux explorant ce qui les habite : certains libérant des traumatismes ancrés dans leurs corps depuis longtemps, tous se reconnectant à eux-mêmes et les uns aux autres, dans une beauté si émouvante qu’aucun mot ne saurait vraiment la contenir. Et pourtant, face aux ravages de la guerre et à la montée des absurdités politiques, nous perdons si souvent de vue la beauté de notre humanité. Or, c’est justement au creux de cette humanité que réside l’antidote à tant de destruction. Nous ressentons souvent le besoin de protéger l’essence de notre être, notre beauté, notre amour, derrière un mur épais, une forme d’armure. Cette armure naît en réponse aux tragédies de l’existence, à ce que la psychologie nomme le « traumatisme ». Elle a d’abord pour fonction de nous protéger. Mais lorsque le danger initial s’éloigne, que nous grandissons, cette protection peut devenir ce qui nous enferme, nous empêchant d’exprimer qui nous sommes profondément et de tendre vers ce à quoi notre cœur aspire. Et c’est là que réside la véritable tragédie!

Dans ce texte, j’explorerai les origines du traumatisme, la manière dont l’amour et la perte nous façonnent, et comment les blessures non intégrées peuvent entraver une vie pleinement vécue. J’aborderai également l’anatomie du traumatisme, la façon dont il s’imprime à la fois dans le corps et dans l’esprit, et pourquoi il peut être si difficile à reconnaître, à traverser, et, finalement, à dépasser. Mes lectures, ma formation et ma pratique en psychothérapie psycho-corporelle, notamment à travers Core Energetics , ainsi que mon propre cheminement personnel, constituent le socle de ce que je partage ici.

« Il me semble que si nous aimons, nous pleurons. C'est le marché. C'est le pacte. Le deuil et l'amour sont à jamais entrelacés. Le deuil est le terrible rappel de la profondeur de notre amour et, comme l'amour, il est non négociable. »

Nick Cave

Nous sommes tous des êtres d’amour. Et nous venons au monde avec une immense capacité à aimer. Elle s’exprime dans l’innocence et la confiance de l’enfant; un cœur ouvert, encore indemne. Mais la vie, au fil du temps, nous confronte à ses épreuves, et la plus universelle, la plus fréquente d’entre elles, est la perte : la perte de l’amour de soi, de l’amour de l’autre, ou de l’amour de la vie elle-même. Elle prend souvent forme à travers des expériences de rejet, de négligence, d’abandon, de séparation, d’humiliation, d’injustice, de trahison, d’intrusion, de violence, ou encore à travers la disparition d’un être cher. Ces vécus, en particulier ceux qui surviennent dans la petite enfance, ce que l’on nomme les traumatismes développementaux, laissent une empreinte profonde dans notre système, dans notre corps.

Comme le reste de la vie, l’enfance est faite de moments à la fois douloureux et joyeux. Les instants heureux nous nourrissent, nous fortifient, élargissent notre capacité à être libres, à donner et à recevoir l’amour. Ils ouvrent en nous un espace pour accueillir autant les douceurs de la vie que ses épreuves. Les expériences douloureuses, elles, nous enseignent comment nous adapter, comment survivre.

Chaque enfant, d’une manière ou d’une autre, fait l’expérience de la perte. Qu’elle soit visible ou invisible, justifiée ou non, elle laisse une trace. Pour y faire face, le corps et l’esprit mettent en place des mécanismes de défense : des stratégies de survie qui puisent dans nos ressources innées pour protéger notre système nerveux. Ces stratégies, tout en révélant notre résilience, tendent à étouffer ces mêmes ressources qu’elles cherchent à préserver. Ce processus donne également naissance à ce que l’on appelle une « cuirasse caractérielle », qui s’inscrit physiquement dans des tensions musculaires chroniques.

Et pourtant, ces mêmes défenses qui, un temps, nous ont protégés deviennent bien souvent les schémas qui, plus tard, nous entravent ; elles troublent notre clarté, freinent notre élan, bloquent notre épanouissement. À mesure que ces tensions s’ancrent, grandit en nous une peur insoupçonnée et inconsciente ; la peur d’une vie fondée sur l’autonomie, la liberté, l’intimité et la joie. C’est ainsi que nous nous éloignons de nous-mêmes, que nous nous coupons des ressentis les plus profonds et les plus naturels de l’existence. Ce qui ne peut pas émerger de l’intérieur est alors recherché à l’extérieur.

Parfois, cette peur crée les meilleures proies sur lesquelles des forces extérieures, malveillantes et avides de pouvoir (politiques, religieuses, sociales ou autres) exercent leur influence et leur contrôle. Plus l’on est étranger à soi-même, plus on est coupé de la vie, et plus on devient vulnérable à la domination extérieure.

« Peut-être que tout ce qui est effrayant n'est au fond qu'une chose impuissante qui a besoin de notre aide. »

Rainer Maria Rilke

L’observation de soi révèle comment certaines expériences nous façonnent, non seulement à travers nos réactions les plus visibles, mais aussi de manières plus subtiles : cette hésitation à formuler nos besoins, ce réflexe de cacher notre cœur, cette honte sourde qui émerge lorsque nous osons dévoiler nos désirs les plus vulnérables.

Cette trahison de soi est imperceptible, et pourtant profonde. Ce conflit tourmente l’âme, là où nous étouffons non seulement notre capacité d’aimer, mais aussi ce qu’il y a de plus élevé, de plus noble en nous. Et avec cette trahison s’installe un poids : le fardeau de la honte et de la culpabilité, qui influence notre manière d’être au monde.

Plus l’amour que nous avons perdu était grand, plus le traumatisme est profond, et plus la méfiance s’installe : envers nous-mêmes, envers les autres, et envers la vie. Plus tôt cette perte est vécue, plus profondément elle s’inscrit dans notre être.

En guise de fondement aux descriptions qui suivent, je m’appuie sur le constat de ma propre expérience et de celle dont je suis témoin dans ma pratique, sur ma formation en psychothérapie psycho-corporelle: Core Energetics, sur le livre « Le corps n’oublie rien » de Bessel van der Kolk, ainsi que diverses autres lectures

Le traumatisme, dans son essence, est insupportable. Il submerge le système nerveux par une charge émotionnelle intense. Cela peut inclure la peur, la terreur, l’impuissance, la douleur, la honte, le dégoût, la sensation de violation, la rage, la violence, le désespoir ou encore le choc. Dans les cas d’abus sexuel, une autre réaction physiologique involontaire, particulièrement troublante, peut apparaître : une excitation sexuelle non désirée. Cela peut générer une grande confusion. Il est essentiel de comprendre que ces réactions corporelles sont automatiques et ne signifient en aucun cas un consentement ou un désir.

Cette excitation involontaire peut coexister avec la peur, l’état de sidération ou la douleur, soulignant à quel point la réponse du système nerveux à un traumatisme peut être non concordante. Il est fondamental que les victimes sachent que cette réaction est entièrement involontaire et qu’elle ne diminue en rien l’abus qu’elles ont subi.

Lorsqu’une expérience est trop soudaine, trop intense, ou dépasse ce que le système peut assimiler, le corps et l’esprit sont submergés : la peur, la terreur, l’impuissance ou un sentiment de paralysie s’installent. Pour se protéger, le système active des réponses de survie :

Bien longtemps après que le danger ou le choc avait disparu, le corps continue de se défendre contre une menace qui n’est plus là. Conditionné par le traumatisme, le système nerveux réagit au présent comme s’il s’agissait du passé, anticipant un danger, se préparant à se protéger d’un ennemi qui n’existe plus. Avec le temps, ces réactions deviennent des schémas profondément ancrés qui nous maintiennent dans l’immobilité, influençant notre manière d’être en lien avec nous-mêmes, avec les autres, et avec le monde.

Ils se manifestent sous forme de comportements auto-saboteurs, de conflits récurrents, d’addictions, de difficultés à faire confiance ou à vivre l’intimité, ou encore par une sensation persistante d’être incapable d’avancer. Sans conscience ni intégration, le passé continue à dicter le présent, nous privant de notre clarté, et perpétuant des cercles de souffrance qui semblent impossibles à briser.

Cela permet aussi de comprendre pourquoi notre esprit a tendance à ressasser le passé ou à se projeter sans cesse dans l’avenir ; pourquoi nous sur-analysons, et pourquoi il est si difficile d’être simplement « dans l’instant présent ».

Reconnaître cela devrait éveiller la compassion, plutôt que le jugement. Avec cette conscience, nous pouvons nous ouvrons la porte à plus de douceur, en prenant soin de notre système nerveux pour pouvoir répondre aux exigences de la vie quotidienne

«Nous sommes en réalité une sorte de terminaison nerveuse par laquelle l'univers se regarde lui-même. C'est pourquoi, au plus profond de notre être, presque tous avons une vague sensation d'éternité. »

Alan Watts
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Les avancées en neurosciences et dans la recherche sur le trouble de stress post-traumatique (TSPT), menées notamment auprès de vétérans de guerre, de victimes d’accidents de voiture ou de maltraitance infantile, ont permis d’approfondir notre compréhension de la manière dont les expériences qui nous submergent reconfigurent le cerveau, les sensations les plus intimes et notre rapport à la réalité physique. Bessel van der Kolk met en lumière la profondeur de l’impact physiologique que le traumatisme laisse dans l’esprit et le corps.

  1. Le cerveau émotionnel: le système limbique
  2. Le traumatisme hyperactive l’amygdale, une petite structure en forme d’amande située au cœur du cerveau, maintenant le corps dans un état d’alerte constante. Cette activation chronique alimente l’anxiété, la peur, et une réaction de sursaut exagérée, donnant le sentiment que le danger est toujours imminent. L’hippocampe, chargé du traitement de la mémoire, peut être altéré, ce qui entraîne des souvenirs fragmentés et une difficulté à distinguer le passé du présent. Cela explique pourquoi le traumatisme se manifeste souvent sous forme de sensations isolées, d’émotions ou d’images, plutôt que comme un récit cohérent, ce qui complique encore son intégration. L’hypothalamus, quant à lui, dérègle la production des hormones du stress, maintenant le corps prisonnier dans des cycles d’anxiété, de débordements émotionnels et de symptômes physiques tels que troubles du sommeil, problèmes digestifs, dysfonctionnements immunitaires ou maladies chroniques.

  3. Le cerveau exécutif : le cortex préfrontal
  4. Le cortex préfrontal joue un rôle essentiel dans la régulation des émotions, l’évaluation rationnelle des situations et la capacité à orienter sa vie (l’agentivité). Le traumatisme réduit l’activité du cortex préfrontal, altérant ainsi la capacité à penser clairement, à « rester présent » et à réguler efficacement ses émotions. Les rênes sont alors transférés aux mécanismes de défense, ce qui entraîne un dérèglement émotionnel rendant difficile le retour vers un sentiment de sécurité et diminuant la capacité à prendre du recul. Notons que cette altération est également reconnue comme un indicateur du trouble du déficit de l’attention (TDA/H).

  5. L’intéroception : la conscience des états internes
  6. L’insula, une région interne du cerveau, joue un rôle central dans l’intéroception ; cette capacité à percevoir et interpréter les états internes du corps. Elle nous permet de nous sentir présents dans notre corps et de reconnaître les émotions au moment où elles émergent. Le traumatisme perturbe le fonctionnement de l’insula, entraînant engourdissement, dissociation ou difficulté à identifier et à traiter les émotions. Cette rupture dans la perception de soi rend difficile le fait de se sentir en sécurité, de s’engager pleinement dans la vie ou de faire confiance aux signaux que nous envoie notre corps. En conséquence, beaucoup ont du mal à tolérer des émotions inconfortables comme la colère, la frustration, la tristesse, la douleur ou même l’ennui. Cela favorise l’évitement plutôt que l’intégration, et peut créer de la distance dans les relations, comme si l’expression authentique de ces émotions n’avait pas sa place.

  7. La proprioception : la conscience corporelle dans l’espace
  8. La proprioception, soit la perception de notre position dans l’espace et de nos mouvements, est essentielle pour se sentir ancré et capable d’orienter son corps. Elle est régulée par le cervelet, le lobe pariétal, les noyaux gris centraux et le système vestibulaire de l’oreille interne, et permet l’équilibre, la coordination et l’orientation spatiale. Le traumatisme perturbe cette connexion, donnant lieu à une sensation de désorientation, de maladresse, ou de perte de contact avec sa présence physique. De plus, le traumatisme désactive notre boussole interne, affaiblissant la capacité à faire confiance à son intuition. Il en résulte une perte de clarté quant à ses limites, et une difficulté à naviguer ses sensations, ses émotions et ses relations.

  9. L’aire de Broca et la perte de la parole (« Je perds mes mots »)
  10. L’aire de Broca, impliquée dans la production du langage, peut se désactiver en situation de stress extrême, rendant difficile, voire impossible, pour les personnes traumatisées de mettre leurs expériences (leurs maux) en mots. Cela explique pourquoi tant de survivant(es) peinent à verbaliser ce qu’ils ou elles ont vécu, se sentant parfois muet(tes) ou figé(es), même des années après les faits.

  11. La régulation du système nerveux et le rôle du nerf vague
  12. Tous les processus évoqués précédemment sont profondément interconnectés par le système nerveux, que le traumatisme dérègle. Il en résulte un enfermement dans des cycles de suractivation (panique, anxiété, colère) ou de sous-activation (engourdissement, repli, dissociation). Au cœur de cette régulation se trouve le nerf vague, qui joue un rôle essentiel dans les transitions entre l’état de lutte ou de fuite (activation du système nerveux sympathique) et l’état de calme et de lien (régulation parasympathique). Le traumatisme altère le tonus vagal, rendant plus difficile la récupération après un stress et le retour à un état de sécurité

Dans son ouvrage, Bessel van der Kolk relate des exemples saisissants montrant comment ces schémas neurologiques et psychologiques se manifestent dans la vie quotidienne, illustrant les distorsions, souvent inconscientes, par lesquelles le traumatisme influence la perception, la tendance a s’auto-blamer et les réponses émotionnelles. Il montre également que le simple fait de savoir que certaines réactions sont irrationnelles ne suffit pas à dissoudre les émotions qui y sont associées. Le traumatisme ne façonne pas seulement notre manière de percevoir : Il se loge dans les fondations mêmes de notre identité.

Au-delà de la blessure initiale, beaucoup portent un grand fardeau, souvent inconscient, non seulement en raison de ce qu’ils ont subi, mais aussi de la manière dont ils y ont réagi, de ce qu’ils ont fait, ou de ce qu’ils estiment ne pas avoir su/pu faire. Cela est largement documenté chez les anciens combattants, qui ressentent fréquemment une profonde culpabilité face à leurs actions ou à leur inaction dans des circonstances extrêmes. Il en va de même pour les personnes ayant vécu des traumatismes dans l’enfance, qui peuvent éprouver une grande confusion quant à leur rôle : ont-elles été victimes, ou en quelque sorte complices, voire initiateurs/initiatrices, de leur propre souffrance ? Le traumatisme altère la perception du bien et du mal, de la sécurité et du danger, de la douleur et du plaisir, de l’amour et de la peur. Il sème un doute intérieur persistent.

Au cœur du traumatisme, la blessure la plus profonde est la perte du lien ; avec les autres, mais surtout avec soi-même, avec la certitude de son propre ressenti; “Était-ce réel, ou ai-je tout inventé ?” Le traumatisme ne déforme pas seulement la perception : il vient briser la confiance que nous avons en nos sensations, en la véracité de ce que nous avons vécu, en la fiabilité de nos émotions. Le corps devient alors un « lieu » non sécurisant dont on cherche à s’échapper, à faire taire ou à maîtriser. Et pourtant, notre corps est notre plus grand allié. S’il porte les traces du traumatisme, il détient aussi les clés de notre transformation.

« Le maintien des secrets agit comme un poison psychique qui isole leur détenteur(détentrice) de la communauté. »

Carl Gustav Jung

La transformation passe par la reconquête de notre vérité. Le traumatisme s’accompagne souvent de secret, de culpabilité, de honte ou d’un sentiment d’isolement, laissant nombre de personnes enfermées dans le silence. Mais retrouver sa vérité n’est pas seulement une expérience intérieure ; elle est aussi relationnelle. En commençant à reconnaître notre réalité intérieure, nous venons également questionner les croyances tacites et désuètes qui nous empêchent de vivre pleinement et avec authenticité.

Dans ce processus, il est essentiel de comprendre que faire émerger des souvenirs douloureux ne nie ni n’efface tous les beaux souvenirs, d’amour ou de joie que nous portons en nous. Reconnaître que nous avons traversé des blessures dans l’enfance peut parfois être vécu comme une trahison, surtout dans des cultures comme la nôtre où le collectif est au cœur de l’identité. Et pourtant, en réalité, c’est une démonstration de courage; un acte qui ouvre la voie à la transformation, non seulement pour l’individu, mais aussi pour l’ensemble. En nous ancrant dans notre vérité, nous ne fragilisons pas la communauté : nous la renforçons.

La vérité purifie l’air, soulage, et crée, comme l’a écrit Naguib Mahfouz, « Un lieu où toute tentative de fuite cesse ». Elle agit par résonance. Elle encourage d’autres personnes, elles aussi blessées, à sortir de l’isolement, à traverser leur douleur, et à reprendre les rênes de leur propre vie. On n’a pas besoin de se nier soi-même pour appartenir à une communauté. Et on n’a pas besoin de renier sa communauté pour être pleinement soi.

Dans ce cheminement, même si révéler sa vérité aux autres serait la libération ultime, l’étape essentielle reste d’abord celle de la reconnaître en soi.

“La plus grande source de souffrance vient des mensonges que nous nous racontons. La guérison commence lorsqu’on s’autorise à ressentir ce que l’on ressent et à savoir ce que l’on sait. Elle s’enracine dans l’expérience directe. Nous ne pouvons retrouver un sentiment de pouvoir orienter notre vie qu’en reconnaissant la réalité de notre histoire et la vérité de notre corps, dans toutes ses dimensions viscérales.”

Bessel van der Kolk

Le traumatisme a besoin d’être reconnu, traversé et intégré pour qu’un sentiment de cohérence intérieur puisse émerger. Ce n’est pas une tâche facile, mais c’est possible — et les fruits en sont profonds. C’est un processus de deuil, qui demande du temps, de la patience, de la douceur et de la compassion. Parce qu’il nous invite à traverser l’inconfort, il revient par vagues, se répète, et nous ramène vers ce qui n’a pas encore été pleinement ressenti. Mais une fois engagé, ce processus de deuil crée petit à petit plus d’espace pour que d’autres amours soient pleinement vécus et d’autres pertes puissent, elles aussi, être accueillies et traversées. Le chemin de la transformation commence par la reconnexion au corps, l’apprentissage de la régulation du système nerveux, l’incarnation des émotions, la reconfiguration des circuits neuronaux et le retour à son propre rythme et à son mouvement. C’est un chemin vers plus d’ancrage, une plus grande ouverture du cœur, et vers la réappropriation progressive de sa force vitale, de son leadership et de sa manière unique d’habiter le monde. Les prochains articles exploreront les différentes étapes de ce cheminement.

NB : à certains moments, j’ai fait référence à des formes extrêmes de traumatisme ayant profondément marqué celles et ceux qui les ont vécues, tels que les victimes de stress post-traumatique (TSPT). Ces situations offrent un éclairage précieux sur la manière dont le traumatisme s’imprime dans notre biologie, notre système immunitaire, notre système nerveux, notre esprit, nos émotions, ainsi que dans notre capacité à ressentir la joie et à entrer en lien intime. Je vous invite à laisser de côté toute tendance à la souffrance comparative, et à lire ces mots avec curiosité. C’est une invitation à l’exploration de soi.

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